0,5 % de la population française est touchée par la polyarthrite rhumatoïde (PR)1, une maladie auto-immune inflammatoire chronique qui atteint plusieurs articulations.2
Touchant majoritairement les femmes (3 femmes pour 1 homme1), la PR se manifeste par des poussées de durées variables, entrecoupées de phases de rémission. Sans traitement, la maladie finit par s’étendre à d’autres articulations, entraînant leur déformation et destruction progressive. La maladie peut également, en s’aggravant, toucher d’autres organes.1,3
SYMPTÔMES DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE
Trois symptômes qui doivent alerter
femme sur son téléphone
Les premiers symptômes évocateurs d'une PR
  • Des douleurs articulaires inflammatoires : entrainant des réveils en fin de nuit. 1,4
  • Un enraidissement au réveil : Appelé "dérouillage matinal". Il touche principalement les mains et les pieds mais peut toucher l’ensemble des articulations. Ce dérouillage matinal dure au moins 30 minutes.1,4
  • Articulation gonflées et chaudes : Les articulations douloureuses sont particulièrement sensibles à la compression latérale.4

Quelles articulations sont les plus touchées ?Dans la plupart des cas, la polyarthrite rhumatoïde se manifeste par une atteinte articulaire bilatérale symétrique4 : si une articulation est concernée du côté gauche, la même articulation sera également concernée du côté droit. La polyarthrite peut toucher de nombreuses articulations.

FACTEURS DE RISQUE ASSOCIÉS À LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le déclenchement de la maladie
La cause exacte de la polyarthrite rhumatoïde n’est pas connue, mais certains facteurs de risque augmentent le risque de développer cette maladie. Si vous n’entrez dans aucune de ces catégories mais que vous présentez des symptômes, consultez un médecin. Il peut exister d’autres facteurs de risque.
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La polyarthrite rhumatoïde (PR) n'est pas une maladie héréditaire, même si plusieurs facteurs génétiques ont été identifiés. Ils créent un terrain favorable au déclenchement de la maladie — expliquant que plusieurs membres d'une même famille puissent être touchés — sans constituer une transmission directe. Cette prédisposition serait à l'origine d'environ un tiers des causes potentielles de PR.3
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Des facteurs environnementaux peuvent favoriser la polyarthrite rhumatoïde. Le tabac, en particulier, intervient dans son déclenchement et s'associe à une moins bonne réponse au traitement.3
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Les hormones, en particulier les œstrogènes, influencent les poussées de polyarthrite rhumatoïde (PR) : plus fréquente chez les femmes, la maladie apparaît souvent autour de la ménopause, entre en rémission pendant la grossesse et reprend après l'accouchement. Ces observations suggèrent un rôle des taux d'œstrogènes — bas lors des poussées, plus élevés en rémission —, sans exclure l'influence d'autres hormones.3
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Des facteurs infectieux ont été associés à la PR, notamment P. gingivalis, responsable de parodontites plus fréquentes et sévères chez ces patients — une prolifération favorisée par le tabac et des soins dentaires insuffisants.5
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Des facteurs psychologiques peuvent contribuer au déclenchement de la polyarthrite rhumatoïde : dans 20 à 30 % des cas, elle survient après un événement marquant et stressant — traumatisme physique ou émotionnel (deuil, séparation, accouchement, opération, etc.).3
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DIAGNOSTIC DE LA POLYARTHRITE RHUMATOÏDE

Il est important de détecter la polyarthrite rhumatoïde de manière précoce

Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde doit être aussi précoce que possible, car c'est au début de la maladie, avant l'apparition des atteintes articulaires importantes, que les traitements sont les plus efficaces. Dès l’apparition des premiers symptômes, il ne faut donc pas hésiter à consulter un médecin.6

Trois axes de diagnostic :

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Clinique

Lors de la consultation, le médecin généraliste ou le rhumatologue effectue un examen détaillé des articulations. Il observera que les articulations touchées sont douloureuses, enflées, chaudes au toucher, souvent rougies et rigides. L’examen clinique permettra de déterminer le nombre d'articulations atteintes. 1
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Radiologique

Le médecin prescrira des radiographies des mains, des poignets, des pieds, du thorax et des autres articulations touchées. Une échographie ou une IRM peuvent être demandées également.

Au commencement de la polyarthrite rhumatoïde, les radiographies peuvent être normales. Avec le temps, la destruction de l’articulation pourra être visible sur les radios. 1,4,6

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Biologique
Un bilan biologique (prise de sang) sera prescrit à la recherche de signes d’inflammation, d’éventuels auto-anticorps nommés anticorps anti-peptides citrullinés (ACPA), et de facteurs rhumatoïdes (FR).
Dans certains cas, le liquide articulaire pourra être ponctionné et analysé. 1,2,4,6
TRAITEMENT
Bien vivre avec la polyarthrite rhumatoïde.
Aujourd'hui, on ne peut pas encore guérir de la polyarthrite rhumatoïde. Cependant, les traitements existants permettent d'enrayer l'évolution de la maladie, prévenir la destruction articulaire et soulager les symptômes liés aux crises. 1,3
Les traitements médicamenteux
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Symptomatiques : antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et corticoïdes pour soulager rapidement la douleur et les raideurs articulaires.1

Traitements de fond : les DMARDs visent à réduire l'inflammation articulaire et à enrayer l'évolution de la maladie.

  • csDMARDs — synthétiques conventionnels 7
  • tsDMARDs — synthétiques ciblés (inhibiteurs JAK) 7
  • bDMARDs — biologiques ciblés (anti-TNF, anti-IL6, anti-CD20) 7
  • Restez actif et maintenez un poids sain
  • Évitez les blessures articulaires et les mouvements répétitifs
  • Ne fumez pas ; cela peut aggraver la PR
  • Consommez des aliments riches en antioxydants (comme les baies et les légumes verts à feuilles) pour aider à réduire l’inflammation et à booster votre énergie
Traitements non médicamenteux
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  • Kinésithérapie : partie intégrante de la prise en charge, permet de renforcer les muscles, lutter contre la déformation et améliorer la mobilité. 8
  • Ergothérapie : un professionnel qui aide à protéger les articulations dans la vie quotidienne (orthèses, aménagements, gestes adaptés).
  • Cures thermales : peuvent apporter un bénéfice antalgique et fonctionnel aux patients atteints de PR stable ou ancienne et non évolutive.
  • Chirurgie : un élément clé dans le traitement des formes sévères et actives de la polyarthrite rhumatoïde, en particulier lorsque les jambes sont touchées.

Références

  1. Site internet de l’Assurance Maladie. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/polyarthrite-rhumatoide/comprendre-polyarthrite-rhumatoide#text_3803
  2. Haute Autorité de Santé. Guide affection longue durée. « La prise en charge de votre polyarthrite rhumatoïde », décembre 2008.
  3. Site internet de la Société française de rhumatologie. http://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/comment-diagnostiquer et http://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/quelles-sont-les-causes-de-la-polyarthrite-rhumatoide
  4. Association des Collèges des Enseignants d'Immunologie des Universités de Langue française. Item 196 : La polyarthrite rhumatoïde. Chapitre 17.
  5. J.-M. Berthelot, B. Le Goff / Revue du rhumatisme 77 (2010) 550–555
  6. Site internet de l’INSERM. https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/polyarthrite-rhumatoide
  7. Livre Blanc de la Rhumatologie française 2015. Syndicat National des Médecins Rhumatologues de la Société Française de Rhumatologie du Collège Français des Médecins Rhumatologues. https://sfr.larhumatologie.fr/sites/sfr.larhumatologie.fr/files/medias/formations-ressources/livre-blanc-rhumatologie-2015.pdf
  8. Haute Autorité de Santé. Polyarthrite rhumatoïde et masso-kinésithérapie. Evaluation et amélioration des pratiques. Octobre 2007. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/criteres_qualite_polyarthrite_rhumatoide_masso_kinesitherapie.pdf