Le diabète de type 2 et l'apnée du sommeil entretiennent une rélation à double sens.
D'un coté l'apnée du sommeil peut avoir un effet sur l'équilibre glycémique et à l'inverse, les personnes diabétiques présentent plus fréquemment des apnées.
Vous pouvez en apprendre plus sur le diabète de type 2 en consultant cette page
L'apnée du sommeil favorise la survenue de maladies cardio-vasculaires :
- hypertension artérielle,
- maladie coronarienne,
- insuffisance cardiaque,
- AVC.
Les deux formes se manifestent par des pauses respiratoires pendant le sommeil, mais leur cause est différente. Dans l'apnée obstructive, de loin la plus fréquente, les muscles de la gorge se relâchent au point que les voies aériennes se ferment temporairement et bloquent le passage de l'air.
C'est cette forme qui correspond au SAHOS, le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil.
Dans l'apnée centrale, beaucoup plus rare, ce n'est pas un blocage mécanique : c'est le cerveau qui n'envoie plus correctement la commande de respirer aux muscles respiratoires.
Elle survient surtout dans le cadre de maladies comme l'insuffisance cardiaque sévère ou après un accident vasculaire cérébral. Sa prise en charge dépend avant tout du traitement de la maladie sous-jacente. 2
Plusieurs signes doivent attirer votre attention, surtout lorsqu'ils sont associés.
Les plus typiques sont un ronflement intense et régulier la nuit, des pauses respiratoires repérées par votre entourage, des réveils en sursaut avec sensation d'étouffement, ainsi qu'un besoin d'uriner plusieurs fois par nuit.
Le jour, vous pouvez ressentir une fatigue importante dès le réveil, une somnolence anormale dans les moments calmes (en réunion, devant la télévision, voire au volant), des difficultés de concentration, des maux de tête matinaux ou une irritabilité inhabituelle.
Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, parlez-en à votre médecin traitant : un simple questionnaire (échelle d'Epworth) permet déjà d'évaluer votre risque, avant d'envisager un examen plus poussé. 2
Le diagnostic se confirme grâce à un enregistrement de votre sommeil réalisé sur une nuit complète, soit à domicile, soit dans un centre du sommeil.
Vous portez de petits capteurs indolores qui mesurent votre respiration, vos ronflements, votre rythme cardiaque et le taux d'oxygène dans votre sang (via un capteur placé au bout du doigt).
C'est ce qu'on appelle la polygraphie ventilatoire, l'examen le plus couramment prescrit.
Dans certains cas, un examen plus complet, la polysomnographie, est réalisé : il ajoute la mesure de l'activité cérébrale et musculaire pour analyser précisément la qualité du sommeil. Les résultats permettent de calculer l'indice d'apnées-hypopnées (IAH), c'est-à-dire le nombre de pauses respiratoires par heure de sommeil, qui confirme la présence de la maladie et précise son niveau de séverité.
La mesure clé du diagnostic
Pour poser le diagnostic et en évaluer la gravité, les médecins s'appuient sur un indicateur central : l'Indice d'Apnées-Hypopnées, abrégé IAH.
Cet indice est simple à comprendre : il correspond au nombre moyen de pauses respiratoires (apnées + hypopnées) par heure de sommeil. Plus il est élevé, plus la maladie est sévère.
Trois niveaux sont définis :
- IAH entre 5 et 15 : apnée du sommeil légère.
- IAH entre 16 et 30 : apnée du sommeil modérée.
- IAH supérieur à 30 : apnée du sommeil sévère.
Cette valeur, croisée avec vos symptômes et votre état de santé général, oriente directement le choix du traitement.
Les examens de l'apnée du sommeil :
1. La polygraphie ventilatoire nocturne est l'examen le plus souvent prescrit. Pendant au moins six heures, plusieurs petits capteurs enregistrent le flux d'air qui passe par votre nez, les mouvements de votre poitrine et de votre ventre, vos ronflements, votre rythme cardiaque et la quantité d'oxygène dans votre sang (via un capteur au bout du doigt). C'est suffisant pour détecter et compter les apnées.
2. La polysomnographie est un examen plus complet réalisé dans des centres spécialisés (ces centres du sommeil sont présents partout en France). Consultez la liste des centres
Elle reprend tout ce que mesure la polygraphie, et y ajoute l'enregistrement de votre activité cérébrale, de vos mouvements oculaires et de votre activité musculaire, grâce à de petites électrodes posées sur la tête et le corps. Cela permet d'analyser précisément la qualité et les différentes phases de votre sommeil. Elle est prescrite lorsque la polygraphie ne suffit pas, ou si l'on suspecte d'autres troubles du sommeil associés.
Votre médecin traitant peut vous interroger sur ce que vous ressentez la nuit (ronflements, réveils, sensation d'étouffement) et la journée (fatigue, somnolence, difficultés de concentration). Les observations de votre entourage sont aussi précieuses.
Le medecin peut vous démander de remplir un court questionnaire, l'échelle d'Epworth, qui mesure votre tendance à vous endormir dans la journée. Il peut aussi vous adresser à un ORL pour un bilan complémentaire.
Si les éléments cliniques font suspecter une apnée du sommeil, vous êtes orienté vers un pneumologue ou un centre du sommeil pour réaliser un enregistrement nocturne.
Après que le médecin a prescrit un bilan de sommeil, celui-ci est souvent réalisé dans des unités du sommeil où l'on mesure diverses variables qui permettent d'établir un diagnostic.
Vous pouvez consulter le site de l'institut national du sommeilpour trouver le centre le plus proche de chez vous.
Conduite sur une nuit complète en contexte ambulatoire ou en unité de soins avec hospitalisation nocturne, elle intègre l'ensemble des paramètres cardiorespiratoires précédemment décrits tout en y adjoignant une analyse structurée de l'architecture du sommeil. Cette dimension supplémentaire est rendue possible par le recueil de signaux neurophysiologiques et musculaires, obtenus via un réseau d'électrodes positionnées au niveau du crane et sur différentes parties du corps.